POURQUOI S’Y INTERESSER : RISQUES

Du « potentiel » à sa réalisation

Dans l’imaginaire collectif, les « surdoués » sont des génies à la vie comblée : mathématiciens, hommes politiques, grands administrateurs, artistes renommés…
Un certain nombre d’entre eux le sont effectivement. D’autres, par mimétisme, se font discrets dans leur environnement professionnel, et cachent leur haut potentiel afin de ressembler à leurs collègues et de 
s’en faire accepter.
Mais la réalité est souvent différente :
  • L’intelligence n’est pas la performance, et elle n’est pas toujours reconnue ;
  • Mémoire et rapidité ne donnent ni un savoir infini, ni la science infuse ;
  • Le potentiel ne se concrétise pas toujours, et il ne rime pas avec succès.
Ainsi, les individus HPI ne réussissent pas systématiquement leur parcours scolaire, où les méthodes d’enseignement ne leur sont pas adaptées. Il en est de même, bien sûr, des parcours académique et professionnel : la personne HPI peut, dans ce cadre, avoir du mal à valoriser ses compétences et atouts.
Et si, dans les fonctions publiques, des adultes HPI s’épanouissent dans des emplois qui correspondent à leur potentiel, leurs besoins et leurs attentes, d’autres occupent sans le savoir des postes qui ne leur sont pas adaptés et leur comportement est jugé, à tort et par incompréhension bien souvent, comme inadapté, insubordonné voire hostile par leurs supérieurs et leurs collègues.

Les fragilités spécifiques des agents HPI

Les adultes HPI ont une sensibilité particulière qui les expose plus que d’autres aux risques psychosociaux et à leurs conséquences :
  • Le stress professionnel, aigu ou chronique
  • Le « burn-out », ou épuisement professionnel
  • Le « bore-out », ou syndrome d’épuisement professionnel par l’ennui
  • Le « brown-out », lié à l’absence de sens dans le travail
  • Le harcèlement moral et autres formes de violence au travail.
Dans la mesure où ils sont à l’interface de l’individu (le « psycho ») et de sa situation de travail, les risques psychosociaux résultent de la confrontation entre des facteurs exogènes (l’environnement de travail et les relations professionnelles) et des facteurs endogènes liés à la personnalité et au vécu des individus… et leurs éventuelles singularités neurologiques. A ce titre, les personnes HPI peuvent se montrer plus réactives que d’autres.
Des diagnostics médicaux erronés peuvent ainsi être portés sur des adultes HPI par des professionnels de santé non formés aux problématiques du haut potentiel : trouble bipolaire, dépression nerveuse, trouble de la personnalité « borderline ». L’impact de ces diagnostics erronés peut être catastrophique (traitement médicamenteux inadapté, suivis psychologiques erratiques), d’autant qu’il masque les causes réelles de la souffrance de l’individu.
Le rôle des médecins de prévention est capital.